C’est le coup d’envoi d’une offensive d’envergure nationale pour assainir le milieu scolaire congolais. Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté vient de lancer un vaste programme de formation destiné à faire des établissements scolaires des espaces sûrs, inclusifs et totalement exempts de toute forme de violence, en particulier celles fondées sur le genre.
Cette campagne nationale qui s’étendra du 1er au 31 juillet 2026 prévoit de mettre à niveau 237 formateurs provinciaux à travers huit provinces stratégiques (Ituri, Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Kinshasa, Kwilu, Kongo-Central et Lomami). À leur tour, ces derniers assureront la formation de 25 972 points focaux au sein des Comités locaux de Gestion des plaintes (CLGP) des écoles secondaires publiques.
Dans chaque établissement ciblé, deux profils clés seront outillés : un point focal pour les Violences Basées sur le Genre (VBG, EAS/HS) et un point focal pour le Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP).
Tshikapa ouvre le bal de la matérialisation de l'action ministérielle
Loin d'être une simple annonce, cette initiative gouvernementale se matérialise déjà sur le terrain. Ce mercredi, 1er juillet 2026, la Direction provinciale de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté Kasaï 1 a ouvert, à Tshikapa, un atelier de remise à niveau de ses formateurs provinciaux.
Au total, 18 experts locaux, dont 3 femmes, prennent part à ces travaux prévus jusqu'au jeudi 2 juillet.
Les travaux ont été lancés par la sœur Anastasie Mitshindu, Conseillère à la direction provinciale de l’EDU-NC/Kasaï 1, représentant la Directrice Provinciale, Mme Virginie Alembe Mbilinga.
Dans son mot d’ouverture, elle a exhorté les participants à s’impliquer pleinement :
« Je vous exhorte donc à participer activement. Soyez attentifs, partagez vos expériences de terrain et surtout repartez avec la ferme détermination de transmettre ces acquis aux points focaux des VBG, EAS/HS et MGP de nos écoles secondaires publiques ciblées », a-t-elle déclaré, tout en soulignant que cet atelier « vaut son pesant d’or ».
Mme Mitshindu a rappelé la mission importante de ces points focaux, véritables « premiers secours » au quotidien dans chaque école. Ils devront maîtriser l’approche centrée sur les survivants, le soutien psychologique de base, l’orientation des cas vers les structures de prise en charge, ainsi que les techniques d'animation, de documentation et de signalement des plaintes pour lutter efficacement contre les anti-valeurs.
Une harmonisation nécessaire entre le primaire et le secondaire
Cette grande campagne s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Arrêté ministériel n° MINEPST/CABIMIN/040/2022 portant création des organes du MGP. Elle vient combler un vide structurel majeur et corriger une administration jusque-là caractérisée par une dynamique à double standard.
En effet, depuis l'avènement du Mécanisme de Gestion des Plaintes dans le sous-secteur de l'éducation, seuls les points focaux des écoles primaires avaient pu être formés, grâce à l'appui du projet PERSE. En revanche, faute de financement, le corps enseignant et administratif du niveau secondaire n'avait pas encore bénéficié de cette mise à niveau essentielle.
C'est précisément pour rétablir cet équilibre et harmoniser les compétences sur l'ensemble de la chaîne éducative que le Ministère déploie actuellement ses formateurs.
Cette activité d'envergure nationale est réalisée avec le soutien technique et financier du PAAF, un projet du Gouvernement congolais appuyé par la Banque mondiale.
Cette initiative, fortement portée par la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, consacre la vision d'un système éducatif totalement assaini. L'objectif ultime étant de garantir à tous les apprenants de la République démocratique du Congo, et particulièrement aux jeunes filles, un environnement serein, protecteur et propice à un enseignement de qualité.
Rigobert Mukendi
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