C’est une évaluation à mi-parcours des activités liées au Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF). Loin d’une simple formalité administrative, comme l’a souligné la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, à l’ouverture des travaux ce lundi 11 mai à Kinshasa, cette rencontre se veut un véritable moment de vérité autour de la mise en œuvre de ce vaste programme éducatif appuyé par la Banque mondiale.
Plus de deux ans après son lancement, le Gouvernement congolais et ses partenaires entendent ainsi évaluer le chemin parcouru, confronter les attentes aux réalités du terrain et ajuster les stratégies afin de garantir des résultats concrets en faveur des jeunes filles congolaises.
Dans une salle réunissant experts, partenaires techniques, responsables sectoriels et coordonnateurs du projet, le ton donné par la ministre d'État était empreint de fermeté et d’exigence.
« Après plus de deux années de mise en œuvre, je prends la parole devant vous avec un sentiment de gravité et une exigence de clarté », a déclaré Raïssa Malu, appelant les participants à faire preuve de franchise dans l’analyse des difficultés qui freinent encore l’exécution du projet.
Pour la ministre, le PAAF ne peut être perçu comme un projet supplémentaire dans le paysage éducatif congolais. Aligné sur la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et sur les priorités du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, ce programme constitue un levier stratégique pour renforcer l’accès équitable des filles à un enseignement secondaire de qualité. Au fil de son intervention, Raïssa Malu a évoqué les lenteurs observées dans certaines procédures administratives, notamment dans l’octroi des bourses scolaires aux filles de l’espace Kasaï. Elle a plaidé pour des mécanismes plus efficaces, conciliant rigueur, rapidité et transparence.
« Les populations n’attendent pas des ajustements comptables, mais des résultats tangibles », a-t-elle insisté, refusant que les zones touchées par les conflits et l’insécurité soient marginalisées dans les investissements éducatifs.
La ministre a également insisté sur la nécessité d’intégrer durablement les acquis du PAAF dans le système éducatif national. Distribution des manuels scolaires, digitalisation des ressources pédagogiques, formation des inspecteurs ou encore lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) : autant d’actions appelées à produire un impact au-delà des seules provinces ciblées.
Prenant la parole à son tour, Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale, a rappelé les réalisations du projet, notamment les bourses scolaires accordées à plus de 200 000 bénéficiaires, l’amélioration viable des infrastructures scolaires et la distribution des manuels de sciences. Il a renouvelé l’engagement de son institution à accompagner la RDC dans la construction d’un système éducatif plus résilient et inclusif.
Même tonalité du côté de Alice Mutambayi, Coordonnatrice déléguée du PAAF, qui a présenté cette revue à mi-parcours comme une étape essentielle pour identifier les goulots d’étranglement et réorienter les interventions en faveur des bénéficiaires.
Entré en vigueur le 24 juillet 2023, le PAAF s’étendra jusqu’au 29 décembre 2028. Doté d’un financement de 400 millions de dollars américains mobilisés par la Banque mondiale, le projet couvre dix provinces du pays à savoir : Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Sud-Kivu, Ituri, Kinshasa, Kongo-Central, Kwilu, la Lomami et Nord-Kivu et prévoit notamment le recrutement et la formation de 5 000 nouvelles enseignantes du secondaire dans les écoles publiques ciblées.
La cérémonie d’ouverture de cette revue à mi-parcours a également connu la participation du ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo.
Cette rencontre s'inscrit dans le premier principe directeur du plan quinquennal 2024-2029, fondé sur un dialogue inclusif avec l'ensemble des parties prenantes, en bye de garantir des décisions légitimes et des réformes réussies.
Marie Shomba et Dan de Dieu Kayanda
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